Bien avant de devenir une icône mondiale de la musique, Shakira a dû être confrontée au fait que sa voix singulière ne correspondait pas tout à fait au son traditionnel de la chorale de son école.
L’expérience fut, à juste titre, décevante, mais cette même particularité, qui la rendait difficile à intégrer dans un groupe aux codes bien établis, allait plus tard devenir l’une des caractéristiques de son succès international. Son histoire rappelle, avec légèreté, une réalité qui se joue chaque jour dans les salles de classe. Les talents exceptionnels peuvent être mal compris lorsqu’ils ne correspondent pas aux attentes habituelles.
Il ne s’agit pas seulement de l’histoire d’une célébrité ayant connu le succès. Elle reflète un défi plus large auquel l’éducation est confrontée. Les systèmes traditionnels ont souvent valorisé la conformité, en encourageant les élèves à rester assis, à écouter en silence et à mémoriser correctement les informations. Mais à mesure que le monde évolue, l’apprentissage doit lui aussi évoluer. Une éducation tournée vers l’avenir doit savoir reconnaître les différentes formes d’expression, de résolution de problèmes et de talent. Pour comprendre pourquoi cela est important, il faut d’abord s’intéresser au monde du travail actuel et aux compétences qu’il exige de plus en plus.
Les enfants ont besoin de plus que de l’apprentissage par cœur
Le monde du travail évolue rapidement et l’éducation doit préparer les élèves à bien davantage qu’à mémoriser des faits. À mesure que la technologie prend en charge les tâches courantes, les élèves doivent apprendre à mobiliser leurs connaissances de manière créative, à s’adapter à de nouvelles situations et à faire preuve d’ingéniosité pour résoudre les problèmes avec assurance.
Cette évolution reflète les transformations du monde professionnel. À mesure que la technologie prend en charge un nombre croissant de tâches routinières et répétitives, la valeur de la contribution humaine ne repose plus uniquement sur la capacité à restituer des connaissances, mais davantage sur celle de les appliquer de manière pertinente. Les élèves devront faire preuve de davantage de créativité, d’adaptabilité et d’ingéniosité, tout en ayant la confiance nécessaire pour résoudre des problèmes, s’adapter aux changements et continuer à apprendre tout au long de leur vie.
Le rapport Future of Jobs 2025 du Forum économique mondial[1] souligne qu’aux côtés des compétences technologiques, des capacités humaines telles que la pensée créative, la résilience, la flexibilité et l’agilité prennent une importance croissante dans un monde professionnel en pleine évolution. Le défi auquel nous sommes aujourd’hui confrontés est que des programmes éducatifs accordant une place trop importante à la mémorisation risquent de ne pas répondre pleinement à ces enjeux. Nous préparons les élèves à une économie imprévisible : ils ont besoin de compétences concrètes et adaptables pour évoluer dans un monde professionnel où, notamment avec l’essor de l’IA, les métiers de demain pourraient être très différents de ceux d’aujourd’hui, voire ne pas encore exister.
La créativité, une compétence essentielle pour apprendre
Pour préparer les élèves à cet avenir, notre perception de la créativité doit évoluer. Elle est souvent considérée à tort comme une activité réservée aux arts, cantonnée à l’atelier de peinture ou à la salle de musique. Pourtant, à bien des égards, la créativité est le mécanisme qui permet de mettre les connaissances en pratique plutôt que de simplement les mémoriser.
La pensée créative est tout aussi essentielle pour un élève qui conçoit un pont dans le cadre d’un cours de sciences, de technologie, d’ingénierie et de mathématiques (STEM), ou qui construit un argumentaire complexe en histoire, que pour celui qui écrit un poème. En développant la créativité, nous préparons les élèves à relever les défis du quotidien en matière d’apprentissage, en leur apprenant à aborder les problèmes sous différents angles, à faire évoluer leurs idées et à innover lorsqu’une première tentative échoue.
À quoi ressemblent les classes qui favorisent la créativité ?
Concrètement, à quoi cela ressemble-t-il ? Les salles de classe modernes évoluent : elles ne sont plus seulement des espaces d’écoute passive, mais deviennent des environnements stimulants où les élèves peuvent expérimenter et développer leurs idées. Ces espaces favorisent la collaboration, l’expérimentation, la réflexion visuelle et le travail par projet.
Au cœur de cette transformation se trouve l’évolution du rôle de l’enseignant. Plutôt que de se limiter à dispenser un enseignement depuis le devant de la classe, les enseignants d’aujourd’hui jouent davantage un rôle de facilitateurs. Ils créent des environnements dynamiques dans lesquels les élèves se sentent suffisamment en confiance pour explorer, tester des idées audacieuses et laisser libre cours à leur imagination.
L’infrastructure de l’imagination
La technologie joue un rôle important dans ces espaces, mais elle ne suffit pas, à elle seule, à créer un environnement d’apprentissage propice à la créativité. Associés à des pratiques pédagogiques solides, les outils adaptés peuvent toutefois rendre la collaboration, la participation et le partage des idées plus accessibles.
Dans les classes qui favorisent la créativité, la technologie est particulièrement utile lorsqu’elle permet aux élèves de participer plus activement et de donner vie à leurs idées. Les technologies d’affichage interactif, telles que les projecteurs Epson, peuvent rendre les cours plus visuels, collaboratifs et inclusifs en offrant aux élèves un espace partagé pour explorer des concepts, apporter leurs idées, annoter des contenus et résoudre ensemble des problèmes en temps réel. Cette approche aide les enseignants à rendre les sujets complexes plus faciles à comprendre, à répondre aux différents modes d’apprentissage et à encourager les élèves à jouer un rôle actif dans leur apprentissage. Les imprimantes Epson EcoTank permettent ensuite de prolonger l’apprentissage au-delà de l’écran en transformant les travaux numériques en feuilles d’exercices, supports d’affichage en classe, créations ou prototypes simples que les élèves peuvent tester, partager et améliorer, favorisant ainsi un apprentissage plus pratique et concret.
Faire grandir chaque étincelle
L’histoire du rejet de Shakira par la chorale aurait pu rester une simple mise en garde contre le risque de passer à côté de talents atypiques. Elle est finalement devenue un point de départ. Des années plus tard, elle a fondé la Fondation Pies Descalzos (Barefoot)[2], qui œuvre en faveur de l’accès à une éducation de qualité pour les enfants vulnérables. Son parcours rappelle que le potentiel peut souvent s’exprimer lorsque les jeunes bénéficient de la confiance et des possibilités nécessaires pour développer leur propre voix.
Son parcours nous rappelle également que des environnements d’apprentissage bienveillants et équitables sont essentiels pour reconnaître des talents que les systèmes traditionnels pourraient, autrement, étouffer.
Nous avons le devoir, envers la prochaine génération, de construire des classes où les différents talents peuvent s’épanouir. Cela nécessite un engagement collectif et concret des enseignants, des décideurs publics et des communautés afin d’investir dans des environnements physiques favorables et des programmes pédagogiques tournés vers l’avenir.
Avec le bon état d’esprit, des pratiques pédagogiques adaptées et des outils permettant de donner vie aux idées, nous pouvons transformer les salles de classe en espaces où la manière unique dont chaque élève pense est non seulement reconnue, mais bénéficie aussi de l’espace nécessaire pour se développer.
[1] The 2025 World Economic Forum’s Future of Jobs Report
[2] Pies Descalzos (Barefoot) Foundation



